
ATHLETIC & BATH CLUB
Anna Papadato (du bureau créatif Papadato Studio) nous fait visiter Athlethic & Bath Club, le nouveau social club Bordelais dédié au sport, dont elle a pensé les moindres détails. Inspirée par les club de Polo des années 60, elle a su allier un univers très britannique à une ambiance sportive contemporaine, où chaque détail compte et où l’expérience prime.





ABC est né de l’envie commune de ses fondateurs, Pauline et David, de créer une salle de sport haut de gamme au cœur de Bordeaux.
Un lieu à part, pensé comme un club privé qui ne ressemble à aucun autre. Mais avant tout, un véritable club, porté par une forte identité de marque et des codes qui dépassent le simple cadre du sport pour rassembler et devenir un véritable lieu de vie.
Oui, dès les prémices du projet, les fondateurs m’ont confié la responsabilité de conceptualiser et d’imaginer un lieu à part. Mon rôle était de poser une vision, de créer un univers et d’apporter au cabinet d’architecture intérieure Uchronia, ainsi qu’à l’architecte d’exécution, une véritable matière créative sur laquelle s’appuyer.
J’ai d’abord entamé un long travail de recherche et d’immersion, en me plongeant dans l’univers des anciens clubs britanniques et américains des années 1960, des clubs de cigares aux clubs de polo. J’ai commencé à imaginer des casiers, des salons, des matières, des ambiances… L’ironie et peut-être le paradoxe, c’est que j’ai immédiatement su que je voulais partir de l’univers du club de cigare. Aujourd’hui, le mot “club” est partout, presque galvaudé. J’avais envie de lui redonner du sens, de retrouver cette idée d’appartenance, de discrétion, d’élégance et de caractère.
Nous avons aussi énormément travaillé autour des sens : l’odorat, le toucher, les textures, les matières, la lumière… Tout ce qui ne se voit pas immédiatement mais se ressent profondément lorsqu’on entre dans un lieu. À partir de ce moment-là, Pauline m’a poussée à aller encore plus loin dans cette direction. Elle voulait que l’on ose, que l’on sorte de notre zone de confort pour écrire quelque chose de sincère, de singulier, et donner au lieu sa véritable authenticité.





Il y a plusieurs périodes et univers de référence qui se superposent et façonnent l’identité du projet. Je me suis d’abord inspirée des clubs privés londoniens, ces lieux mondains où les hommes se retrouvaient pour discuter, lire les journaux, mais aussi jouer et parier. Des adresses comme White’s en sont devenues mythiques. J’ai également puisé dans l’univers des clubs sportifs et sociaux américains des années 1950, avec leur sens de la communauté, leurs vestiaires et cette culture du collectif. Il y a aussi un hôtel mythique à Bangkok, gravé dans le temps : l’Atlanta Hotel.
Côté imaginaire, des films comme The Great Gatsby ou The Grand Budapest Hotel ont nourri une certaine idée de l’atmosphère, du détail et de la mise en scène. Enfin, l’univers de Ralph Lauren reste une référence pour cette forme d’« élégance surchargée », assumée et profondément narrative.
Connaissez-vous beaucoup de clubs de sport où l’on a envie de marcher en chaussettes sur une moquette écossaise ?
Je crois que c’est précisément là que réside la singularité d’ABC : dans cette capacité à brouiller les codes traditionnels du sport pour créer un véritable lieu de vie. Un espace où l’on vient autant pour s’entraîner que pour ressentir une atmosphère, retrouver une communauté et vivre une expérience esthétique et sensorielle.
S’immerger dans un bain à 4°C, dans un espace intime et confidentiel. C’est une expérience aussi intense qu’unique.
« Ce sont les choses invisibles qui rendent les expériences inoubliables. »
Nous avons imaginé un véritable parcours olfactif dès l’entrée du club. Le parfum évolue selon les espaces, les matières qui l’absorbent, l’atmosphère de chaque pièce… C’est un supplément presque imperceptible, mais qui participe profondément à l’expérience globale et au plaisir de passer du temps dans ce club à part.
Et je ne peux malheureusement pas m’empêcher d’ajouter… l’essoreuse à maillot de bain. Cet objet qui paraît totalement anecdotique, mais qui change tout. Repartir d’un moment agréable avec un maillot de bain sec dans son sac, ça n’a pas de prix.













