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Solène Kerlo

Pousser les portes de l’atelier de Solène Kerlo, c’est entreprendre un voyage introspectif, un retour aux origines. Des symboles élémentaires tout en relief émergent à travers des couleurs minérales et terreuses. Ils racontent les expériences méditatives de l’artiste et ses explorations autour de la mythologie, de l'anthropologie et de la psychanalyse. Son pinceau ? Ses doigts, pour un travail sensoriel de la matière et une connexion plus profonde à la toile. Rencontre avec une peintre du vivant et de l’instinctif.

PHOTOS ET INTERVIEW PAR MYLÈNE COMTE

Dis-nous tout sur toi ! (Qui es-tu, que fais-tu dans la vie, comment en es-tu arrivée là ?

Je m’appelle Solène, j’ai 31 ans et je suis artiste peintre à Paris. Autodidacte, je suis diplômée d’un master 2 en Marketing & Entrepreneuriat à EMLYON et d’une licence de Stylisme & Modélisme à ESMOD Paris. J’ai travaillé en tant que styliste pour une marque de Prêt-à-porter avant de retourner, il y a un an et demi, à ma passion d’enfant : la peinture. Mes tableaux racontent ce retour vers une nature plus intuitive et plus sauvage, émancipée des exigences d’hyper-rationnalisme et d’uniformisation de la société moderne. Elles sont des cartographies de perceptions intérieures que je capture lors d’expériences méditatives et introspectives, des topographies des mouvements internes du corps et du monde.

Parles-nous de ce lieu de création, ton atelier.

Ce lieu est assez unique. D’abord parce qu’il s’agit de mon tout premier atelier. J’ai eu la chance de m’y installer très tôt après m’être lancée, ce qui m’a permis de passer rapidement sur des grandes toiles, un format que j’aime tout particulièrement. Ensuite parce qu’il s’intègre dans un projet innovant de grande ampleur appelé Poush : une ancienne tour de bureaux transformée intégralement en un incubateur où échangent plus de 150 artistes aux portes de Clichy. Une initiative de l’agence culturelle Manifesto et du promoteur immobilier Sogelym. Très lumineux et spacieux, j’y consacre la majorité de mon temps à y peindre et à expérimenter. Je n’ai ni ordinateur, ni internet, c’est ma bulle de création où j’oublie tout ce qu’il y a autour. Mon travail de recherche, quant à lui, je le fais généralement loin de Paris, en retraite à la campagne ou en voyage.

Tes inspirations ?

Mes inspirations sont à la croisée entre la mythologie, l’anthropologie et la psychanalyse. Je suis très influencée par les travaux de J. Campbell sur le monomythe, de Carl Jung sur l’inconscient collectif, de F. Descola sur l’animisme par exemple. À travers la lecture de ces auteurs, ainsi que mes voyages auprès de peuples vernaculaires, je récolte les récits de création du monde et tente d’en dégager les grands symboles universels communs à tous les hommes. Je suis fascinée par ce fil rouge qui émerge dans les histoires que l’on raconte depuis la nuit des temps. Sur le plan pictural, je me sens très proche du courant de l’expressionnisme abstrait et j’admire le travail de grands artistes comme C. Rothko, P. Soulage ou F. Verdier.

Ton outil favori ?

J’utilise très peu d’outils, ou si c’est le cas ce sont des outils que je fabrique. J’adore imaginer des façons de créer des textures inédites à partir de petites fabrications insolites. Mais ce que je préfère c’est peindre avec les mains. J’imagine que ça va de pair avec ma quête constante vers un retour aux gestes premiers et au contact simple avec la matière. Le toucher de la matière est tout aussi important que le fait de peindre. Je trouve qu’on a tendance à l’oublier au profif d’autres sens comme l’ouïe et la vue. Ça a été mon cas pendant bien des années.

Ton style vestimentaire à l’atelier ?

Fonctionnel, résistant et ultra-confort. J’adore les combinaisons par exemple. Là, je suis en train de me coudre une tenue d’atelier, à la croisée du tablier et de la blouse du peintre. Et toujours en Dr Martens !

Les bonnes adresses de ton quartier ?

Malheureusement avec le confinement, je n’ai pas encore beaucoup eu l’occasion d’explorer le quartier.  En revanche, si vous souhaitez découvrir des bonnes adresses, il y a de quoi faire ici parmi les ateliers de Poush !

Ta dernière œuvre ?

Elles sont plusieurs, je parlerais d’une série composée d’une quinzaine d'œuvres sur lesquelles je travaille en même temps. J’aime créer un ensemble d'œuvres qui se répondent entre elles, qui existent à la fois comme un tout et comme unité, tel un organisme vivant. Cette série je l’ai imaginée autour d’un poème qui nous raconte la fonction essentielle du mythe, garant de notre imagination. Il nous parle de chant de la terre, de songes primordiaux des hommes, des gardiens enchanteurs… Ces peintures sont une invitation à entrer dans l’univers vaste et énigmatique de la mythologie originelle. C’est une introduction à la puissance de ces histoires, réceptacles immémoriaux et pourtant si actuels de connaissances de la psyché humaine.

Ta réalisation la plus précieuse à tes yeux ?

Ma première résidence d’artiste au Maroc, invitée par cette incroyable artiste devenue amie Margaux Derhy. J’ai eu l’opportunité unique de peindre une grotte entière. C’était il y a un an tout pile et à l’époque je n’imaginais pas à quel point cette expérience était chargée de sens, sens dont je perçois aujourd’hui tout juste la profondeur. Par exemple, la grotte est le lieu de prédilection des expériences de visualisation et de transformation, pratique qui est au cœur même de ma peinture depuis son origine. Le puzzle se met petit à petit en place…

Ta couleur préférée dans tes créations ?

L’ocre rouge. Il est présent dans mes tableaux depuis le début. J’ai d’ailleurs récemment retrouvé ma toute première peinture d’enfant… ocre rouge ! Cette fascination serait intéressante à analyser : le feu, le phénix, l’oiseau de la seconde naissance, l’argile, le sang… De manière plus générale, je suis très attachée aux couleurs minérales, terreuses.

Ce que tu écoutes quand tu travailles ?

J’écoute soit des podcasts soit de la musique. Tout dépend du travail que j’effectue : si j’ai besoin de canaliser mon énergie et me concentrer sur une tâche technique et répétitive, j’écoute des podcasts autour du métier d’artiste et de l’entrepreneuriat : le Gratin, Femmes d’art, Génération XX, Sens créatif… Ou si au contraire, il faut que je la libère pour peindre des choses dynamiques, j’écoute de la musique électro comme Thylacine, Koletzki, Nhyx… qui m’amène dans un état tel que je laisse s’exprimer mon double intuitif. La musique est essentielle dans ma pratique. J’ai d’ailleurs créé une playlist Spotify « ATELIER » pour ceux qui souhaitent aller plus loin dans mon univers créatif.

Ton prochain projet ?

Je commence tout juste à travailler sur un projet passionnant avec une personne que j’admire beaucoup. Je ne peux pas en dire plus encore mais d’ici le mois de Juin vous en saurez davantage !
Sinon je prévois des collaborations très excitantes avec des amis créateurs dans la mode et le bijou. Et normalement cet été je devrais partir, dans le cadre d’un projet anthropologique, trois mois au Mexique vivre en immersion auprès des peuples traditionnels dont le mode de vie est encore très emprunt de mythologie.

Bague réalisées par Solène Kerlo

Pousser les portes de l’atelier de Solène Kerlo, c’est entreprendre un voyage introspectif, un retour aux origines. Son pinceau ? Ses doigts, pour un travail sensoriel de la matière et une connexion plus profonde à la toile. 

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